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Le second chant du mineur

Je sais le lieu d’un puissant château fort,
A l’intérieur duquel demeure un roi
Silencieux, avec sa cour étrange ;
Mais aux créneaux, on ne le voit jamais.
Il est caché, dans son palais de plaisance
Et ses veilleurs le gardent, invisibles ;
Seules ruissellent jusqu’à lui des sources
Familières depuis le toit versicolore.
(…)
Antique est son château, prodigieux ;
Coulé dessous l’assise des abysses,
Son bâtiment solide est toujours là
Pour empêcher la fuite vers le ciel.
Un invisible lien dedans retient
Emprisonnés les sujets du royaume,
Et là-haut flottent, tels des étendards
Sur la paroi obscure, les nuages.

Une population, par le nombre infinie
Est là, partout autour des portes verrouillées ;
Et pas un qui ne joue au serviteur fidèle,
Flattant le maître et l’appelant de noms exquis.
Tous ont le sentiment d’être, par lui, heureux,
Et nul ne s’aperçoit qu’il le fait son esclave ;
Pas un seul pour savoir où le blesse le bât,
Enivrés comme ils sont de leur désir trompeur.

Quelques uns seulement, pertinents et lucides,
Ne brûlent pas, ceux-là, de soif de ses présents ;
Ils recherchent plutôt, sans quitter leur effort,
A saper patiemment l’antique château fort.
C’est la pénétration qui peut seule défaire
L’antique autorité du secret sortilège :
Découvrir de l’intérieur, si l’on y réussit,
Le jour, alors de la libération luira.

Point de paroi trop dure au labeur acharné,
Aucun abîme impénétrable au vrai courage ;
Qui se fie à son cœur et compte sur son bras
Poursuit sans peur le roi jusque dans sa retraite.
Il l’arrache à son gîte, il l’extrait de son lit,
Et, maîtrisant la folle et sauvage marée,
Il commande et la fait refluer d’elle-même.

Plus il y aura d’or tiré et mis au jour,
Plus il circulera librement sur Terre,
Et plus sa royauté perdra de son pouvoir
Et plus seront nombreux ses sujets affranchis.
Libérée à la fin de ses liens, la marée
Reprendra possession du château fort vidé,
Et nous, dans son berceau de douceur verdoyante,
Nous nous retrouverons au sein de la patrie.

Novalis 1772 – 1801


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